JOURNAL DE BORD #1 – Des sentiments de pré-départ

CONCEPT

La raison pour laquelle j’ai créé ce site est de partager Taipei et Taïwan de manière originale à un public francophone. A mes yeux, ça passe aussi par le partage de la vie d’un étudiant français qui va y effectuer un doctorat. Voilà d’où vient le concept des « JOURNAUX DE BORD », qui seront beaucoup plus personnels! J’espère que ça vous plaira, et que par ce moyen vous comprendrez mieux ce qu’est le quotidien taïwanais et vivrez tout de l’intérieur!

Alors c’est parti! 🙂


JOURNAL DE BORD #1 – Des sentiments de pré-départ

journal de bord

Cet article sera très différent des autres postés précédemment, car plus personnel et plus général quant au fait de se rendre et de s’expatrier à l’étranger!

J’ai fait quelques recherches sur Internet avant de commencer à écrire cet article en ce qui concerne les sentiments vécus particuliers à l’expatriation : la quasi-totalité concerne l’expérience d’expatriation en elle-même, l’intégration dans le pays, en bref comment ça se passe une fois sur place. Peu, voire aucun, n’entre dans les détails des sentiments qu’on peut avoir plusieurs semaines ou jours avant le départ. C’est pour ça que je pense que ça peut être intéressant de partager ce qu’il en est pour moi. Si ça se trouve, d’autres futurs expat’ se reconnaîtront! 😉

Beaucoup pourraient penser que puisqu’il s’agit d’un projet qui nous tient à cœur, on ne peut être que plein d’engouement quant au départ, et vivre dans une sorte de joie et d’excitation. J’aimerais vraiment casser cette idée reçue ici, pour que les futurs expatriés (dont je fais partie) puissent avancer sereinement : tout n’est pas que joie avant le départ, et ces sentiments sont normaux. Alors il ne faut pas culpabiliser pour ça!

De la confusion, de la confusion, toujours de la confusion

Le premier mot qui me vient à l’esprit est : CONFUSION. A vrai dire, on ne sait plus trop ce qui se passe dans notre tête avant de partir : on est excité de commencer une nouvelle vie et d’entamer un projet pour lequel on a beaucoup donné en amont pour qu’il se réalise, à tel point que parfois, j’ai même envie de décaler le moment du départ au lendemain! Mais en même temps, on ne sait plus trop pourquoi on fait ça, et on a du mal à retrouver la motivation initiale… parfois même, je regrette ce choix, et l’idée de tout annuler me traverse l’esprit.

Ce qui est difficile à vivre est que cet état d’esprit, confus entre la joie et le doute, change en permanence, sans vraiment comprendre pourquoi. On peut être joyeux à un moment, puis tout à coup être envahi par une sorte de tristesse. C’est assez peu supportable pour les futurs expatriés, et c’est pareil pour l’entourage et les proches. Une image résume cet état d’esprit pré-départ : LES MONTAGNES RUSSES. Les sentiments vécus deviennent extrêmes, et on ne se reconnait plus vraiment!

montagnes-russes

Thanks to gangofmothers for your image! 🙂

LE conseil principal : ne pas culpabiliser

C’est très curieux, parce que c’est difficile de penser que quelqu’un qui a décidé de partir, sans que ce soit forcé, puisse culpabiliser. On ne penserait pas à ce sentiment en premier!

Alors, comment expliquer ce sentiment de culpabilité aux autres? Il faut vraiment revoir dans le contexte : c’est souvent un projet qui a été préparé des mois à l’avance, de nombreuses démarches ont dû être effectuées, et on ne compte plus les obstacles qui ont dû être franchis. Par exemple pour ma part, j’ai dû déposer mes candidatures aux universités taïwanaises, compléter tout un dossier qui demande beaucoup de réflexion, puis monter un dossier de bourse. Rien que ça demande des heures de recherches et de préparation, et engendre des entretiens avec des officiels et des professeurs d’université, ainsi que l’aide de plein de personnes. Ensuite, si on a la chance d’être accepté partout, il faut préparer matériellement le départ : billets d’avion, logement, papiers administratifs, etc. Au final, ce sont des dizaines d’heures consacrées à cette perspective : partir. Puis, tout à coup, on n’en a plus envie.

C’est assez simple d’y voir une contradiction, et c’est d’autant plus difficile d’en sortir qu’en parler à d’autres personnes provoquerait cette réaction : « Mais c’est bête de penser ça après tout ce que tu as fait! » Oui, c’est bête, on le sait bien, et de là naît ce sentiment de culpabilité, qui fait qu’on se sent encore plus mal!

Alors maintenant, une phrase à se répéter : c’est normal de ne plus vouloir partirOn arrête de culpabiliser, car c’est un sentiment par lequel on passe avant de partir, comme si c’était une étape obligatoire.

Maintenant, il faut essayer de comprendre pourquoi ces sentiments partent dans tous les sens, de manière incontrôlable!

Partir, sans savoir comment revenir, ni où on va vraiment : le deuil d’une vie

Ce sont des mots lourds de sens je crois, mais bizarrement ce sont ceux qui reflètent le mieux ce qui se passe dans la tête des futurs expat’. Et pour que l’entourage soit plus compréhensif et sache comment aider, quelques explications ne font pas de mal!

Partir comme ça pendant longtemps, ce n’est pas comme partir un mois en vacances. Il y a quelque chose de plus profond à l’œuvre psychologiquement, notamment dans les derniers moments : on prend conscience qu’on ne quitte pas un endroit, mais une vie. On ne part pas, on quitte. Et tout à coup, on se rend compte qu’il n’y a pas de retour en arrière possible, et qui ce qui va se passer va être si fort et intense qu’on va être arraché d’une ancienne vie pour être plongé dans une nouvelle. On doit donc faire le deuil express de ce qu’on a vécu. Ces amis, ces membres de la famille qu’on croyait immortels dans notre entourage, tout à coup on se rend compte qu’on ne les verra plus pendant longtemps, et que de toute manière même si on revient, on ne le reverra plus de la même façon. C’est comme passer de l’état d’enfant à l’âge adulte sans connaître les étapes de l’adolescence.

Puis on devient plus sensible au quotidien : manger du fromage, flâner et lire dans le jardin de la maison, ce vieux meuble qui est dans notre chambre depuis longtemps, tout revêt une importance particulière, alors que franchement, on s’en fichait totalement avant! Dès lors, on décide de vivre les derniers moments intensément (vous le voyez venir, le pic d’excitation et de joie? 😉 ) : on veut être avec les personnes les plus chères, passer énormément de temps avec et profiter à fond!! Mais… eux ne pensent pas comme ça, et restent dans leur état d’esprit d’origine, dans leur vie quotidienne. Dès lors, on a l’impression de ne plus être important à leurs yeux, comme si on était déjà parti pour eux (et maintenant, vous visualisez la montagne russe qui descend vers la nostalgie et la tristesse? 😉 ).

Dur dur de faire le deuil d’une vie quand on se sent incompris et qu’on n’arrive pas à comprendre le manque de réactions des autres!

Un remède? Partir!

Puisque c’est comme ça et qu’on est triste de quitter cette ancienne vie, on ne veut plus partir! Je pense qu’en expliquant clairement de cette manière, tout le monde peut comprendre d’où vient cette envie de tout annuler. On a l’impression que ça permettrait de retrouver un état émotionnel stable après tout!

Oui mais… non. Car ressentir tout ça, c’est en fait avoir déjà commencé le deuil de cette vie. Une fois engagé, on doit continuer, parce qu’il n’y a pas d’autres solutions, le retour en arrière n’est pas possible. Pourquoi? Parce que la manière que les autres a de nous appréhender a elle aussi déjà changé. Après tout, les amis et la famille eux aussi ont commencé le deuil de ne plus nous voir! Ne pas partir n’est plus envisageable!

Mais ce n’est pas si simple : même si on est conscient de ça, des craintes persistent. Celles d’être oublié par ceux qu’on a quittés, celles de ne pas savoir ce qu’on va trouver.

On sait ce qu’on quitte. On ne sait pas encore ce qu’on va gagner. Le seul moyen de savoir ce qu’on va gagner, c’est de partir. Ne pas partir, c’est ne rien gagner de plus, si ce n’est des regrets.

Et si on finissait ce premier JOURNAL DE BORD là-dessus?

Pourquoi j’ai commencé ce journal de bord par ce thème si bizarre car si peu joyeux? J’avoue que j’avais peut-être besoin d’écrire et d’extérioriser tout ça pour moi dans un premier temps!

J’espère aussi que des futurs expat’ se retrouveront dans cet article, et se sentiront moins seuls dans ce qui se passe pour eux. Aussi, j’espère que l’entourage de futurs expat’ arriveront à mieux comprendre certaines réaction, et parviendront à accompagner du mieux possible la personne qui va partir.

Et puis j’avais aussi envie de casser l’idée reçue selon laquelle partir plusieurs mois ou plusieurs années à l’étranger était quelque chose de nécessairement joyeux : c’est en fait plus complexe qu’on ne le pense!

N’hésitez pas à raconter votre expérience en commentaire, ou tout simplement à dire ce que vous en pensez! Pareil, n’hésitez pas à partager! Qui sait, peut-être que certains de vos proches se reconnaîtront dans cette étape pré-départ! 🙂

Allez, on finit sur une note musicale joyeuse : quand les montagnes russes me reprennent, j’écoute cette musique qui a le don de m’apaiser un peu! 🙂

A bientôt dans de nouveaux articles et d’autres journaux de bord!

P.S. : pour les plus curieux : je m’envole ce dimanche à Taïwan! 🙂


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s