Comment évaluer son chinois à la taïwanaise? Le TOCFL

Passer le cap pour avoir la volonté d’apprendre le chinois mandarin, c’est fait. Commencer à apprendre sérieusement, seul ou avec un professeur, être déterminé, et être fier de ne pas avoir laissé tombé alors que ça fait un an qu’on apprend le chinois, c’est fait. Mais voilà, comment évaluer son niveau de chinois, comment savoir si on a réellement bien appris, surtout si on ne peut pas être en permanence en contact avec des natifs?

La réponse : passer un test de langue!

Les test de langue, en ce qui concerne le chinois mandarin, ne manquent pas. Il y a le très connu (et aussi réputé) HSK, le test proposé par la République Populaire de Chine (中國大陸 [Zhōngguó dàlù], la Chine continentale, comme l’appellent les Taïwanais). Mis à part le HSK, quel test peut-on passer?

Il existe aussi le TOCFL, Test Of Chinese as a Foreign Language. Ce test-là est proposé par le gouvernement taïwanais, et est tout aussi fiable que le HSK (même s’il est plus « jeune » que celui-ci). A vrai dire, il y a eu du changement quant à l’organisation de ce test ces dernières années : l’organisation de celui de 2014 a été différente de celle de 2013!

Alors, que dire de ce test? Tout d’abord, la finalité, en comparaison avec le HSK. Ils ont une finalité pouvant être commune : tester son niveau de chinois via un organisme dans lequel on peut placer sa confiance (on ne vous donnera pas un diplôme pour vous faire plaisir, il se doit de refléter le niveau du candidat). On peut ainsi savoir où on en est dans son apprentissage, ce qui est assez plaisant pour se déterminer. De plus, ces diplômes sont reconnus internationalement : si on réussit un test, on peut très bien le signaler sur un CV, ou pour toute autre formalité administrative. C’est toujours un plus!

Mais il y a des différences avec le HSK concernant la finalité : malheureusement, j’ai des connaissances limitées concernant le test proposé par la Chine continentale, aussi je ne m’avancera pas sur ce sujet au risque de dires des choses fausses. Alors parlons du TOCFL : concernant les niveaux débutants, seule la finalité décrite plus haut compte. Mais l’enjeu devient plus grand dès qu’on passe des niveaux plus élevés (Grade 4, j’en parlerai plus loin) : ce diplôme peut être nécessaire pour travailler dans certaines entreprises taïwanaises, et surtout on peut prétendre à l’une des généreuses bourses universitaires que propose le gouvernement taïwanais pour aller étudier là-bas! (Pour les détails de ça, vous pouvez aller visiter le site du Bureau de Représentation de Taipei en France!)

Quelques détails pratiques sur le TOCFL

Comme l’organisation du TOCFL a changé pour 2014, je vais décrire 2-3 trucs à partir de ça, en espérant que ça ne changera pas pendant quelques années! (Dans tous les cas ça m’arrangerait bien…)

Pour passer le TOCFL, tout se fait en ligne maintenant, à partir d’un site, de l’inscription jusqu’à la consultation des résultats. Le TOCFL possède 5 à 6 niveaux ou grades, répartis en 3 groupes : Band A (niveaux 1 et 2), Band B (niveaux 3 et 4), Band C (niveau 5, le 6 étant encore en préparation). Pourquoi ces 3 groupes? Parce que c’est déjà assez difficile de savoir soi-même son propre niveau, c’est mieux de faire des groupes plus « larges » pour être sûr d’avoir une réussite quelque part. Pour avoir plein d’informations supplémentaires, comme l’historique du TOCFL, la moyenne à avoir pour réussir un diplôme, et plein de petits détails comme ça, on peut consulter un document pdf mis en ligne sur le site que j’ai donné plus haut. Personnellement je le trouve clair et très pratique!

Enfin, dernière information pratique : l’inscription coûte 20€ par test (pour payer les feuilles d’examen, les enregistrements, les salles, les examinateurs, etc.).

TOCFL sheat paper

 

Et en quoi consiste donc bien l’épreuve?

Là je vais parler de mon expérience personnelle : pour la première fois, j’ai passé le TOCFL cette année fin mars, au Band B!

Comme j’étudie sur Paris, mon test avait lieu à l’Inalco, à 10h30 (et quand on a mal dormi la veille… ça parait tôt!!!). L’organisation était parfaite : on arrive, on montre sa carte d’identité et sa convocation, on nous donne un critérium (qu’on peut garder! 🙂 ) et la feuille sur laquelle on doit reporter ses réponses (feuille personnalisée d’avance avec nos nom et prénom et tout!), on attend devant l’amphi, et c’est parti pour 2 heures d’examen : compréhension orale et compréhension écrite!

On peut choisir les caractères traditionnels ou simplifiés pour les livrets avec les questions : personnellement, j’ai choisi les traditionnels, je me sens plus à l’aise pour lire plus vite, et surtout si on ne connait pas un caractère, c’est plus simple pour deviner le sens si c’est en traditionnel! 😉 2 heures d’examen, j’ai trouvé ça vraiment trop court : on devait avoir quelques secondes de pause entre chaque question durant la compréhension orale, mais on a tous eu l’impression que ce temps n’était pas vraiment respecté, on n’avait même pas le temps de reporter sa réponse après avoir réfléchi! Du coup on prend du temps durant la compréhension écrite, où les textes deviennent de plus en plus longs et difficiles (je me souviens sur la fin d’un texte d’une page entière, pour 3 questions, parlant des méthodes de datation des roches… on sent toute l’utilité des caractères traditionnels ici!)… à tel point qu’on a même pas le temps de finir! « Ecoutez, il reste 5 minutes, priez, répondez au hasard sans regarder les textes, au moins vous saurez si vous avez de la chance aux résultats », voilà ce que l’examinatrice, une ancienne professeure à l’Inalco, nous a dit!

Au final on est tous ressortis désemparés de l’épreuve, qui du coup porte bien son nom. Au-delà de ce sentiment de ne pas avoir été au point, on peut voir où sont nos lacunes, et essayer de travailler dessus. Puis on se dit qu’on retentera l’année d’après, on fera toujours mieux après un an de chinois en plus!

Les résultats

(photo à venir plus tard! 😉 )

Comment augmenter notre stress? En nous annonçant une date à laquelle on peut consulter les résultats en ligne, puis on avance cette date, puis ce n’est plus une date mais une indication, puis on redonne une date, mais on ne donne pas les résultats ce jour-là, puis les résultats arrivent 2 jours après… et ô surprise! Moi qui en étais sorti démoralisé (puis en plus j’avais faim…), eh bien j’ai réussi la compréhension orale au Niveau 4, et la compréhension écrite au Niveau 3 (et de peu au niveau 4 en plus!)! Voilà qui redonne de l’espoir, et on se dit :

L’année prochaine, je retente le Band B, pour avoir les deux au niveau 4 cette fois-ci : maintenant je sais à quoi m’attendre, j’ai presque un an pour m’y préparer, c’est parti!

Et parmi vous, y a-t-il des gens qui ont passé le TOCFL ou le HSK, ou bien qui pensent le passer? N’hésitez pas à partager vos expériences et ressentis!


Une réflexion sur “Comment évaluer son chinois à la taïwanaise? Le TOCFL

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